Câbles USB-C enroulés sur un bureau clair

USB Power Delivery : lire une étiquette de chargeur sans se tromper

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Trois éléments décident de la puissance qui arrive à votre appareil : le chargeur, l’appareil, et le câble.

Le troisième est celui que tout le monde oublie, il coûte trois fois rien, et rien ne le distingue visuellement une fois sorti de son emballage. C’est aussi celui qui bride silencieusement une charge à 60 watts sans afficher le moindre message.

Ce que fait le protocole

L’USB classique fournit 5 volts, point. L’USB Power Delivery ajoute une négociation : avant d’appliquer quoi que ce soit au-delà de ces 5 volts, la source et l’appareil se mettent d’accord sur une tension et une intensité.

Cette négociation implique les trois maillons. Le chargeur annonce ce qu’il peut fournir, le câble annonce ce qu’il peut transporter, l’appareil demande ce dont il a besoin. La puissance retenue est celle du maillon le plus faible.

Les versions, et ce que chacune apporte

Version Année Puissance max Ce qu’elle ajoute
PD 1.0 juillet 2012 60 W profils fixes, abandonnés depuis
PD 2.0 2013 100 W tensions 5, 9, 15 et 20 V, le plafond qui a tenu dix ans
PD 3.0 2015 100 W ajout du PPS en 2017
PD 3.1 mai 2021 240 W tensions 28, 36 et 48 V, gamme étendue
PD 3.2 octobre 2023 240 W extension de la tension ajustable à la gamme standard

Le point à retenir sur la montée en puissance : c’est la tension qui grimpe, pas l’intensité. Le courant maximal reste à 5 ampères quelle que soit la version.

Tension Intensité Puissance Exemple
20 V 5 A 100 W palier standard historique
28 V 5 A 140 W chargeur Apple 140 W
36 V 5 A 180 W chargeur Framework 180 W
48 V 5 A 240 W plafond de la norme

Beaucoup de gens, par analogie avec la charge des téléphones, imaginent que la puissance monte par l’ampérage. C’est l’inverse.

Le PPS, à ne pas confondre avec le PD

Le Programmable Power Supply est une extension optionnelle, ajoutée à la révision PD 3.0 en 2017.

Le PD classique propose des paliers fixes : 5, 9, 15, 20 volts. Le PPS permet à la source d’ajuster la tension en continu, par pas de 20 millivolts, entre 3,3 et 21 volts, et le courant par pas de 50 milliampères.

L’intérêt est thermique. Avec un profil fixe, la conversion finale se fait dans le téléphone, et la chaleur avec. Avec le PPS, l’ajustement se fait dans le chargeur. Le téléphone chauffe moins, ce qui autorise une puissance de charge plus élevée à sécurité constante.

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C’est pour ça que les charges rapides de Samsung, Google et Xiaomi s’appuient dessus.

Un chargeur Power Delivery n’est pas forcément PPS. Ce sont deux cases distinctes sur une fiche produit, et la seconde n’est pas obligatoire.

Câbles USB-C enroulés sur un bureau clair
Tous les câbles ne passent pas la même puissance

Les câbles, le vrai piège

Tout se joue sur une puce appelée e-marker, intégrée dans le connecteur du câble. Elle répond aux commandes de découverte du protocole et déclare les capacités réelles du câble : intensité supportée, tension, construction, vitesse de données.

Trois catégories, et l’écart entre elles est considérable.

Sans e-marker : plafond à 3 ampères sous 20 volts, soit 60 watts. C’est la grande majorité des câbles vendus à bas prix ou fournis avec de petits accessoires.

Certifié 5 ampères, avec e-marker : jusqu’à 5 ampères sous 20 volts, soit 100 watts. C’était le maximum disponible avant la norme 3.1.

Câble 240 watts, gamme étendue : catégorie à part, définie par la révision 2.1 de la spécification USB Type-C, certifiée pour 48 volts à 5 ampères. Un câble 100 watts ne suffit pas, même s’il supporte déjà 5 ampères, parce qu’il n’est pas qualifié pour les tensions au-delà de 20 volts.

Concrètement : branchez un chargeur 100 watts sur un ordinateur portable compatible 100 watts avec un câble sans e-marker, et la charge sera plafonnée à 60 watts. Aucun message, aucune alerte. Juste une batterie qui se remplit lentement.

Le câble qui traîne dans un tiroir peut aussi bien être un câble données uniquement, incapable de dépasser les 2,5 watts de base de l’USB. Rien ne le distingue à l’œil.

Les protocoles concurrents

Quick Charge, de Qualcomm, reposait historiquement sur un balayage de tension analogique plutôt que sur une négociation numérique. Les versions 2.0 et 3.0 plafonnent autour de 18 watts. La version 4 monte à 100 watts en mode natif, mais retombe à 27 watts si l’appareil en face n’est pas compatible. À partir de la version 5, Qualcomm revendique une compatibilité directe avec l’USB PD et le PPS.

Autrement dit, depuis la génération 4, un chargeur Quick Charge fonctionne en PD sur un appareil non Qualcomm, à puissance réduite par rapport à son mode natif.

SuperVOOC, chez OPPO, OnePlus et realme, monte jusqu’à 240 watts sur les dernières générations, à 20 volts et 12 ampères, avec une électronique dédiée dans le chargeur, le câble et le téléphone. Le comportement exact face à un chargeur PD générique n’est pas documenté de façon vérifiable, mais le principe est le même que pour Quick Charge : sans les trois maillons propriétaires, le téléphone charge en PD standard, bien en dessous de son maximum.

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Chargeur mural blanc multiport branché sur une prise
Un chargeur multiport répartit la puissance disponible

Lire une étiquette de chargeur

Cinq informations comptent, et le gros chiffre en watts n’est pas la plus utile.

La puissance totale annoncée est souvent un maximum atteignable sur un seul port utilisé seul.

Le détail par port est décisif sur un modèle multiport. Un chargeur 100 watts à deux ports peut délivrer 100 watts sur l’un s’il est seul, et se répartir en 65 plus 30 dès que le second est occupé.

La mention PPS, distincte de la mention PD.

La mention EPR ou 240 W, propre à la nouvelle catégorie. Un chargeur qui ne l’affiche pas n’est vraisemblablement pas certifié pour cette gamme.

Le tableau des profils en petits caractères, du type 5V=3A, 9V=3A, 15V=3A, 20V=5A. C’est lui qui donne l’image réelle de ce que le chargeur sait faire.

La réglementation européenne

La directive 2022/2380, qui modifie la directive sur les équipements radioélectriques, a été votée au Parlement européen le 4 octobre 2022 par 602 voix contre 13, signée le 23 novembre et entrée en vigueur le 27 décembre de la même année.

Elle impose trois choses.

Un connecteur commun, l’USB-C, pour les téléphones, tablettes, liseuses, écouteurs, casques, appareils photo, consoles portables et enceintes portables, puis dans un second temps les ordinateurs portables.

Un protocole de charge rapide commun : si un appareil prend en charge la charge rapide, il doit le faire via l’USB Power Delivery. C’est cette clause qui pousse l’ensemble du marché à supporter le PD, même les fabricants attachés à un protocole propriétaire.

Une harmonisation de l’affichage des puissances sur l’emballage, pour permettre de comparer sans racheter un chargeur par appareil.

Les échéances d’application sont fin 2024 pour les téléphones et les autres catégories listées, et début 2026 pour les ordinateurs portables. Le délai supplémentaire tient à des alimentations qui dépassent largement celles d’un téléphone.

Ordinateur portable relié à un écran externe par un seul câble
Un câble unique pour l’image et la charge

À quoi ça sert au quotidien

Charger un portable par USB-C. De plus en plus de machines se chargent exclusivement ainsi, typiquement entre 65 et 100 watts, jusqu’à 140 ou 180 sur les modèles compatibles gamme étendue.

Un écran qui alimente l’ordinateur. Beaucoup de moniteurs USB-C font passer le signal vidéo et l’alimentation dans le même câble. La puissance disponible dépend de l’écran, souvent 65 à 96 watts, parfois moins qu’un chargeur secteur dédié.

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Une batterie externe PD, qui se recharge vite et restitue vite, jusqu’à alimenter un ordinateur portable sur les modèles de 45 à 100 watts.

Une station d’accueil, qui reçoit le secteur et le retransmet à l’ordinateur par le même câble que les périphériques. Un seul fil entre le PC et le poste de travail.

La sécurité

Le protocole négocie explicitement la tension avant de l’appliquer. Un appareil ne reçoit donc pas, en théorie, une tension qu’il n’a pas demandée.

Le risque réel ne vient pas du protocole mais des accessoires non certifiés. Un chargeur ou un câble bon marché qui déclare des capacités qu’il n’a pas, ou qui prétend supporter une puissance élevée sans puce e-marker, peut mal répondre à la négociation.

C’est l’argument le plus solide en faveur des produits certifiés par l’USB-IF plutôt que des accessoires génériques.

Le reste de la chaîne

Sur la même logique de dimensionnement, mais du côté de la prise secteur et des composants internes : tester une alimentation PC.

Pour choisir la batterie qui exploitera réellement ces watts : bien choisir sa batterie externe.

Et sur ce que vaut vraiment un chargeur universel face à un chargeur d’origine : quels modèles sont les plus fiables.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’USB Power Delivery ?

Un protocole de négociation entre un chargeur, un câble et un appareil, qui permet de dépasser les 5 volts de l’USB classique et d’atteindre jusqu’à 240 watts sur les dernières versions.

Quelle est la puissance maximale de l’USB PD ?

240 watts depuis la version 3.1 de mai 2021, obtenus en 48 volts et 5 ampères. Le plafond précédent était de 100 watts.

Pourquoi mon chargeur ne délivre-t-il pas sa puissance annoncée ?

Le plus souvent à cause du câble. Sans puce e-marker, il plafonne à 60 watts quelle que soit la puissance du chargeur, sans afficher d’avertissement.

Quelle différence entre PD et PPS ?

Le PD propose des paliers de tension fixes. Le PPS ajuste la tension en continu par pas de 20 millivolts, ce qui réduit l’échauffement du téléphone pendant la charge rapide. Tous les chargeurs PD ne sont pas PPS.

Faut-il un câble spécial pour 240 watts ?

Oui, et un câble 100 watts ne suffit pas. Le câble 240 watts est une catégorie distincte, certifiée pour des tensions supérieures à 20 volts.

Sources

  • USB Implementers Forum, spécifications USB Power Delivery et USB Type-C
  • Wikipédia, articles USB Power Delivery, USB-C, Quick Charge et VOOC
  • Belkin, sur l’ajout du Programmable Power Supply à la révision 3.0
  • Verbatim, Hama, Anker et Brennenstuhl, sur les catégories de câbles et la lecture des étiquettes
  • Elektronik-Kompendium et DigiKey, sur la puce e-marker et les limites d’intensité
  • Directive européenne 2022/2380 modifiant la directive 2014/53/UE
  • Next.ink, sur la répartition de puissance des chargeurs multiports


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